Assister à du kabuki au Kabuki-za

Le plus célèbre théâtre pour assister à du kabuki est sans nul doute le Kabuki-za dans le quartier Ginza. Au milieu de ce quartier commerçant à réputation très chic, l’architecture japonisante du Kabuki-za attire forcément l’œil.

Le kabuki est une forme de théâtre traditionnel japonais. Depuis 2008, il est répertorié au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Il possède de nombreuses caractéristiques qui permettent de le reconnaitre parmi les autres formes théâtrales :

  • un maquillage très élaboré et très stylisé : c’est ce qui permet au spectateur de distinguer les personnages mais surtout de déterminer leur caractère. Ainsi, les maquillages peuvent être très expressifs !
  • des costumes traditionnels : allant de costumes assez simples à des costumes et perruques démesurés ;
  • une musique traditionnelle (avec instruments traditionnels) très expressive et jouée à la fois sur scène et hors scène ;
  • une performance réalisée uniquement par des hommes ! Les acteurs interprétant les rôles de femmes sont appelés onnagata : leur jeu théâtral est censé faire oublier que ce sont des hommes.
    Et ça fonctionne ! Nous n’étions pas au courant quand nous sommes allés voir du kabuki et, mis à part un personnage féminin avec une voix bizarre, nous n’avions pas remarqué qu’il n’y avait que des hommes !
  • des cris d’encouragement de la part du public : tout au long de la performance, des spectateurs crient le nom d’un acteur ou de l’école à laquelle il appartient. Bien qu’assez surprenante, cette pratique – le kakegoe – fait partie de la tradition du kabuki.
  • une scène particulière avec une (ou des) avancée jusqu’à l’arrière-salle ainsi que des plateaux mécaniques permettant de faire ressortir des entrées ou des sorties de personnages ;
  • les kurogos qui aident aux transitions dans la mise en scène ou qui assistent les acteurs dans les coulisses. Ils ressemblent à des ninjas car ils sont habillés tout en noir et essaient d’être le plus invisible possible !

Une pièce de kabuki est généralement constituée de trois actes indépendants les uns des autres. Il peut s’agir de pièces historiques, de pièces du quotidien ou de pièces de danse. Étant donné que la durée d’une pièce est assez longue (souvent quatre heures), il est commun de n’assister qu’à un seul acte.

Au Kabuki-za, il est possible d’assister aux représentations de la “matinée” (à partir de 11h) ou à celles de l’ “evening show” (à partir de 16h30). La durée et le prix des actes varient selon les représentations.
Il est possible de réserver en avance et en ligne les tickets pour une pièce intégrale. En avril, les prix s’étendaient de 4,000 ¥ à 20,000 ¥. Cependant, il n’est pas possible de réserver une entrée pour un seul acte. Pour cela, il faut se rendre sur place le jour-même et faire la queue avant l’ouverture du guichet. Pour connaitre les tarifs et les horaires d’ouverture des guichets pour chaque acte, il faut se rendre sur la version anglaise du site du kabuki-za et cliquer sur une des “news” indiquant “single act” pour le mois qui vous intéresse. L’information n’est pas toujours facile à trouver… 

Pour notre part, nous sommes allés voir le premier acte de la représentation de la matinée qui avait lieu en avril (les représentations changent tous les mois) : Daigo no hanami. Il s’agissait d’une scène dansée recréant la célèbre fête de hanami organisée par Toyotomi Hideyoshi – un des trois unificateurs du Japon – en 1598 dans le jardin du sanctuaire Daigo à Kyoto.
L’acte a duré 36 minutes et nous avons payé 1,000 ¥. Nous sommes arrivés 30 minutes avant l’ouverture du guichet (un dimanche) mais, comme la queue était déjà longue, nous n’avons pas eu de place assise. Pour ceux qui veulent absolument être assis, un agent qui s’occupe de l’organisation de la file d’attente vous préviendra si vous faites partie de la queue pour les places debout. Cela évite les déconvenues ! Cependant, sachez que l’on voit assez bien, voire très bien, si l’on s’installe – comme nous – sur les caisses le long du mur du fond et, plus particulièrement, celles au niveau des escaliers centraux !

Nous recommandons vraiment l’expérience ! C’est très facile d’y assister, pas très cher si l’on ne va qu’à un acte et la musique, la mise en scène et les jeux d’acteur sont uniques. Préparez-vous tout de même à un théâtre assez lent. S’il y a bien des qualités que l’on peut attribuer aux Japonais, c’est leur patience et leur résistance aux rythmes effrénés du monde moderne !

Pour ceux qui ont peur de ne pas comprendre, laissez-vous charmer par les décors, le maquillage et les performances des acteurs. Il parait que même les Japonais ne comprennent pas tous les dialogues tellement le langage employé est ancien et la diction particulière… Mais, au cas où vous souhaitiez vraiment comprendre ce qu’il se passe, il est possible de louer pour 500 ¥ (+ 1,000 ¥ de caution) un appareil faisant défiler, automatiquement et en temps réel, une traduction en anglais des dialogues sur un petit boitier. Je l’ai testé et ce n’est pas très pratique de jongler le visionnage de la pièce et la lecture sur l’appareil. Comme les dialogues font de nombreuses références à des évènements historiques, même si la traduction est dotée d’explications supplémentaires, on ne comprend pas tout de même pas tout ce qui se passe !

Malheureusement, les photos sont interdites pendant la représentation. Je vous conseille d’aller regarder quelques vidéos sur youtube pour vous faire votre avis mais rien ne vaut une réelle expérience !

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