CQOF #4 : Obtenir le permis japonais

Depuis le 1er mars, nous sommes les heureux détenteurs du permis japonais ! Ainsi, pour notre CQOF #4, voici nos explications sur le comment qu’on fait pour obtenir un permis japonais !

Quelques informations générales préalables

  • Interdiction de conduire au Japon sans avoir une traduction certifiée par la JAF !

Tout d’abord, il faut savoir que ni le permis français ni le permis international délivré par la France ne sont suffisants pour conduire légalement au Japon… Il faut obligatoirement joindre à son permis une traduction japonaise certifiée. Une fois votre permis français accompagnée de sa traduction certifiée, vous aurez la possibilité de conduire au Japon pour un an maximum. Une fois ce délai dépassé, vous n’avez plus le droit de conduire à moins que vous sortiez du Japon et que vous y reveniez trois mois plus tard. Dans ce cas, la durée sera de nouveau d’un an à partir de votre nouvelle date d’entrée au Japon !

Malheureusement, le seul moyen en tant que Français d’obtenir cette traduction est de la demander auprès de la JAF (Japan Automobile Federation) qui se trouve… au Japon ! Les envois de traductions certifiée en dehors du Japon ne sont d’ailleurs pas acceptés… Donc : si vous planifiez des vacances au Japon qui demandent de conduire, vous allez forcément devoir prévoir un détour par un des bureaux de la JAF

Notons que la raison qui nous oblige à avoir cette traduction est que le Japon et France n’ont pas signé les mêmes conventions en matière de délivrance de permis internationaux. Le Japon reconnait les permis internationaux qui dépendent de la convention de Genève de 1949… ce qui n’est pas le cas de celui délivré par les autorités françaises ! Si la loi autorisant la conduite avec une traduction certifiée n’existait pas, nous n’aurions tout simplement pas le droit de conduire au Japon !!

  • En tant que résident et Français, exemption des examens de permis !

Bien que notre permis international ne soit pas reconnu, nous faisons tout de même partie de la vingtaine de pays qui peuvent obtenir un permis japonais sans avoir à passer le code ni l’épreuve de conduite !
Aparté étonnante : les USA – excepté l’état du Maryland – n’en font pas partie !!

Il suffit de se rendre à un centre d’examen de permis de conduire, de réussir le test de vision et de fournir les justificatifs suivants :
– la traduction certifiée de la JAF ;
– une copie du jumin-hyo mentionnant sa nationalité ;
– une photo d’identité (3cm x 2,4cm) ;
– son permis de conduire (non-périmé) ;
– son passeport (permettant de prouver la résidence dans son propre pays pendant au moins trois mois après l’obtention du permis) ;
– sa carte de résidence.

Étape 1 : Obtention du Jumin-hyo à la mairie (300¥)

Le jumin-hyo est un certificat de résidence qu’il est possible de se procurer à sa mairie de quartier sur simple demande en l’échange de 300¥. Une fois à la mairie, il faut remplir un formulaire de demande avant de se rendre au guichet concerné. La démarche est assez rapide : s’il n’y a personne, vous pouvez l’avoir en moins de trente minutes (le temps de remplir le formulaire, de le remettre à un guichet, d’attendre l’impression et de le récupérer à un autre guichet contre 300¥).
Attention ! Il ne faut pas oublier de cocher la case “nationalité” car elle n’apparait pas sur la version classique !

Par chance, nous avions déjà un jumin-hyo chacun ! Nous avons pu nous passer de cette étape !!

Étape 2 : Obtention de la traduction à la JAF (3 000¥)

La deuxième étape est l’obtention de la traduction certifiée. Pour cela, il faut se rendre au bureau de la JAF avec le formulaire de demande de traduction dument rempli (disponible sur leur site) et son permis de conduire français. Une fois que l’on s’est acquitté de 3 000¥ par permis de conduire (soit environ 25€), il suffit d’attendre que sa traduction soit prête. Dans notre cas, nos traductions étaient prêtes le jour-même, au bout de trois heures ! Mais le site internet précise que cela peut tout de même prendre jusqu’à deux semaines.

JAF à Tokyo

Plus d’informations sur le site de la JAF !

Étape 3 : Obtention du permis au centre d’examen de permis (4 250¥+ 800¥ de photo)

Avant d’expliquer la procédure, il est bon de noter que, même si on lit parfois qu’il s’agit d’un “échange” de permis (exchange, en anglais), le permis français ne nous est pas retiré ! Ouf !

La troisième et dernière étape est donc l’obtention du permis de conduire lui-même. Pour cela, il faut se rendre dans un centre d’examen de permis. Il y en a trois à Tokyo, nous avons choisi celui de l’arrondissement de Koto car c’est le plus proche de chez nous (30 min en métro sans changement !). Attention par contre, seules les personnes exemptées des épreuves (code et conduite) peuvent s’y rendre, les autres doivent aller aux centres de Fuchu ou de Samezu.
Attention aux horaires d’ouverture : 8h30-11H / 13h-15h ! Après 11h et 15h, les guichets restent ouverts pour terminer les procédures mais il n’est plus possible de faire de nouvelles demandes.

Et ensuite… c’est parti pour l’attente administrative et l’envoi de guichet en guichet !

1) Accueil : tout est en japonais alors nous demandons notre chemin ! Le monsieur nous dit “One” et nous montre sur la gauche… C’était à droite !! Ahah !

2) Détour par le photomaton : les photos demandées ont une dimension particulière que ne faisait pas le photomaton de notre supermarché. Nous savions qu’il y en avait dans les centres donc nous avons attendu d’y être !
Par contre, il ne faut pas se rater : on n’a le droit qu’à un essai et on ne voit pas le résultat avant l’impression !

3) Guichet 1 : guichet des permis internationaux et transfert de permis
Clément montre en premier ses pièces justificatives, le monsieur lui prend, lui dit d’attendre et qu’il n’a pas le droit de sortir du bâtiment (car il a ses pièces d’identité). À mon tour, je présente mes pièces et, là, c’est le drame : mon jumin-hyo n’indique pas ma nationalité… Il faut donc que j’aille à la mairie la plus proche, celle de Koto, pour en faire un nouveau avec les bonnes informations. Heureusement, il se situe à quelques blocs, à à peine 10 minutes à pieds… Le temps que je revienne (soit environ 45 minutes), Clément était toujours en train d’attendre !
Une fois rappelés par le monsieur du guichet nous prenons connaissance de l’ordre des prochains guichets : 0, 7, 8 puis retour au guichet 1 !
NB : Un des deux messieurs présents parlaient anglais ! Youhou !

4) Guichet 0 : paiement des frais
4 250¥ : 2 050¥ de frais de délivrance et 2 200¥ de frais de demande pour un permis voiture (4 400¥ pour les motos…).
Notez qu’on nous fait payer au début de la procédure !!

5) Guichet 7 : le test de vision
La dame qui faisait passer le test ne parlait pas anglais… mais le test est assez intuitif : il s’agit d’indiquer si le trou d’un “C” illuminé est vers le haut, vers le bas, vers la gauche ou vers la droite. Un petit geste des mains pour mimer la position du C fait très bien l’affaire. Ensuite, il faut indiquer deux couleurs : celle du haut puis celle du bas. Heureusement, même si la dame ne parle pas anglais, elle connait ses couleurs !
Lorsque l’on porte des lunettes, on passe le test des “C” d’abord sans lunettes (autant dire que c’était bien marrant et que je ne distinguais rien du tout !) puis avec lunettes !

Test de vision

6) Guichet 8 : résultat du test de vision
Un monsieur tamponne notre formulaire de demande d’un cachet qui précise si l’on est obligé, ou non, de porter ses lunettes en conduisant.

7) Retour au guichet 1
On présente le formulaire de demande et on nous demande d’entrer deux codes pin (qui peuvent être identiques ou différents) sur une machine puis d’attendre qu’on nous rappelle. Une fois rappelés, on nous rend nos pièces justificatives (libérés, délivrés… On peut sortir du bâtiment à partir de cette étape !) et on nous indique d’aller au guichet 10 puis de se rendre au quatrième étage pour récupérer notre permis.

8) Guichet 10 : prise de photo sur fond bleu
La photo que nous procurons ne sert qu’à notre dossier, pour le permis (d’une taille de carte de crédit), il faut une photo sur fond bleu ! La dame vérifie que l’on a bien notre ticket de codes pin, prend la photo, remet un ticket super long avec un numéro et indique qu’il faut aller au 4ème étage.

Ticket d’échange

9) 4ème étage : récupération du permis
Une fois au 4ème, on arrive dans une salle d’attente avec des écrans indiquant des numéros. Il suffit d’attendre que son numéro (celui du long ticket !) s’affiche pour aller échanger son ticket contre son permis.
Une fois le permis en main, il faut encore l’activer : on le pose sur une machine, on entre ses codes pins, les informations du permis s’affichent sur la borne et il faut les vérifier puis… c’est fini !!

Toutes ces étapes prennent à peu près trois heures…

Plus d’informations sur le site de la police de la métropole de Tokyo (dont dépendent les centres de permis de conduire) !

Résultat

Pour 8 350¥, soit un peu moins de 70€, nous avons pu avoir notre permis japonais !
Nous avons le droit de conduire des voitures automatiques ou manuelles (c’est spécifié sur le permis) n’excédant pas trois tonnes et des motos de moins de 50cc.
Le permis japonais a une durée de validité au bout de laquelle il faut le renouveler. Les nôtres expirent en 2019 un mois après notre anniversaire, ce qui veut dire que, comme Clément est né plus tard dans l’année, son permis est valide plus longtemps !!! Y’a pas de l’injustice dans l’air ?

Et… juste pour le plaisir : nous avons donc maintenant trois permis de conduire de trois pays différents : France, Japon et États-Unis !
(Et, chut, pas question de dire que celui des États-Unis est périmé !)

04 comments on “CQOF #4 : Obtenir le permis japonais

  • Hélène , Direct link to comment

    Dans le Colorado non plus on ne repasse pas non ni d’épreuve écrite ni de conduite ! Il suffit d’apporter son permis français et on repart avec son permis américain !

    • Marine , Direct link to comment

      Dans le New Jersey, on avait seulement eu à passer le code de la route 🙂 Mais je sais que, dans l’état de New York, il faut tout repasser. On n’est pas tous à la même enseigne !
      Par contre, si nous n’avions que notre permis de conduire du New Jersey (ou le vôtre du Colorado), nous aurions été obligés de repasser code + conduite pour avoir le permis japonais !!
      On a de la chance d’avoir un permis français qui permet d’avoir des échanges un peu partout dans le monde facilement !! 😀

  • Martine et Robert , Direct link to comment

    Cela parait très long et procédurier mais finalement 3h au total c’est pas beaucoup. on peut arriver au même délai juste en attendant dans le hall de la préfecture de Grenoble!.
    Et maintenant vous cherchez à louer un garage dans Tokyo pour garer la voiture que vous allez acheter?

    • Marine , Direct link to comment

      Ahah, c’est plus un inconvénient qu’un avantage d’avoir une voiture dans une aussi grande ville !!
      Quoique… Tokyo n’est pas très embouteillée !

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