CQOF #3 : Trouver un logement

Aujourd’hui, nous allons tenter d’expliquer comment qu’on fait pour trouver un logement à Tokyo en tant que non-japonophone… Une étape plus qu’importante lors de son arrivée au Japon et pas des plus faciles ! 
(attention, article long !)

Étape 1 : Choisir entre appartement et guesthouse

En tant qu’étranger, nous avons deux options : soit prendre un appartement de la même manière qu’un Japonais le ferait (enfin… en s’y approchant), soit loger dans une guesthouse.
Les guesthouses au Japon sont des sortes d’auberge de jeunesse où il est aussi bien possible de dormir en dortoir que dans un logement privé meublé (généralement un studio mais on trouve des guesthouses qui proposent plus grand). Les guesthouses sont habituées à loger des étrangers, c’est même leur public de prédilection. Les managers parleront donc anglais et sauront vous guider.

Généralement, les guesthouses sont un bon compromis lorsque l’on reste moins d’un an car il s’agit d’un bail au mois. Un bail d’appartement classique sera souvent de deux ans et vous serez amené à payer des pénalités si vous partez avant un an de location (cela dépend des contrats, il faut bien se renseigner !).
À noter aussi que les loyers des guesthouses sont souvent plus chers en comparaison à un appartement du même type. Deux raisons à cela : il s’agit de logement meublé et vous ne payez pas de frais à l’entrée (alors que pour un appartement vous avez beaucoup de frais initiaux… voir l’étape 5 !). Les guesthouses sont rentables pour des séjours de courtes durées. Plus on reste longtemps, plus il est avantageux de prendre un vrai appartement.

Si vous choisissez de prendre un appartement et que vous arrivez sur Tokyo, nous vous conseillons de loger en guesthouse les premiers mois. Cela vous laissera le temps de faire les démarches administratives nécessaires à l’obtention d’un appartement (voir CQF#1 et CQF#2). En effet, vous pourrez enregistrer cette adresse comme votre adresse principale sans problème, ce qui est loin d’être le cas avec un logement temporaire comme un hôtel ou un AirBnB. De plus, les démarches pour avoir les clés d’un appartement sont longues (entre une et deux semaines). Avec une guesthouse, vous serez plus tranquilles pour vos recherches jusqu’à ce que vous ayez les clés en main !

Nous avons choisi de prendre un appartement puisque notre visa est de trois ans !

Étape 2 : Choisir ses critères

Arrive ensuite l’étape compliquée de choisir ses critères… Pas facile quand on est fraichement arrivé dans une ville qu’on ne connait pas trop. N’hésitez pas à demander à vos connaissances sur place ce qu’elles ont (voire à visiter) pour vous faire une idée. Les collègues de Clément ont été d’une super aide pour ça ! Nous avons vite dû revoir nos critères à la baisse…
En dehors du budget, voici les principaux critères auxquels il est important d’avoir réfléchi :

A – Le type de logement

Les logements au Japon sont catégorisés de cette manière : 1R, 1K, 1DK, 1LDK, 2K, 2DK, 2LDK, etc.

  • le chiffre indique le nombre de chambre
  • K = kitchen : un espace cuisine. Il s’agit généralement d’un couloir-cuisine (pas de place pour une table à manger).
  • DK = dining/kitchen : un espace cuisine et salle à manger (il y a donc de la place pour une table à manger )
  • LDK = living/dining/kitchen : un espace cuisine, salle à manger et salon
  • cas particulier : 1R = 1 room : une pièce, donc un studio où la cuisine est ouverte sur la pièce. Par comparaison, un 1K aura une pière + un couloir-cuisine indépendant.
  • parfois on peut avoir un S (1SLDK) S = storage room : un espace supplémentaire généralement sans fenêtre et qui pourrait convenir pour un petit bureau.

Donc, un 1LDK sera un logement avec une chambre et une pièce ayant un espace ouverte pour la cuisine, la salle à manger et le salon. Un 2DK sera un logement avec deux chambres et une pièce ayant une pièce ouverte pour la cuisine et la salle à manger. Ce sont des types assez semblables puisqu’on pourrait très bien faire le salon dans une des chambres d’un 2DK. La principale différence est le nombre de pièces fermées (1LDK : deux pièces fermées, 2DK : trois pièces fermées).

B – La superficie et le type de revêtement au sol

Les Japonais ont le même système métrique que nous (youhou ! c’était compliqué les pieds-carrés aux États-Unis !) sauf pour les tailles des pièces d’un logement… Ils comptent en tatami (畳 ou 帖, jyo) ! 1 tatami = 1,6562 m² : à vous de compter ! Heureusement, la superficie totale est comptée en m² et ils arrivent très souvent que l’équivalence en m² soit inscrite sur les plans. Ouf !

Dans un logement traditionnel, le revêtement au sol des chambres est souvent des tatamis. Lorsque c’est le cas, cela apparait dans l’annonce et sur le plan de l’annonce (voir les images ci-dessus !) ! Il faut prendre en compte que les tatamis se nettoient difficilement et qu’ils ne supportent pas les lourdes charges : pas question de mettre un lit mastodonte dessus, privilégiez un futon.
Le reste des pièces sont souvent en parquet. Il peut arriver qu’il y ait du carrelage ou, encore plus rarement, de la moquette. Fuyez s’il y a de la moquette, ça ne fait pas bon ménage avec le climat humide de l’été…

C – Le quartier / la distance à la station de métro

Deux points importants à prendre en compte : le quartier et la distance à la station de métro.

Le quartier n’est pas facile à choisir quand on arrive. Généralement, on choisit par rapport à la distance au travail en transport en commun. C’est un bon critère ! Plus on s’éloigne du centre de Tokyo, plus des tarifs des logements baissent. Attention, le tarif des transports va lui augmenter car, à Tokyo, on paye (plus ou moins) à la distance ! Il faut donc trouver le bon compromis. N’oubliez pas aussi que les transports sont vite désagréables sur les lignes chargées. Pas plus de 45 min semble raisonnable !
Pensez aussi à prendre en compte l’animation du quartier : comme les restaurants ne sont pas trop chers ici, il arrive souvent que l’on mange dehors. Il est important de regarder s’il y a des restaurants ou des supermarchés autour du logement que vous visez !

La distance à pied est un critère important car, même s’il n’y a pas de mousson à Tokyo, juin et juillet sont très très pluvieux… Un parapluie ne servira pas à grand chose si vous avez à marcher 15 min jusqu’à votre station.

D – L’équipement de l’appartement

La climatisation est un élément ESSENTIEL. Il faut vérifier qu’il y en ait dans chaque pièce (au moins dans la chambre et le salon).

Les appartements ne sont pas forcément bien isolés du bruit et de l’air extérieur : prenez le temps d’écouter le silence (ou pas) et de vérifier que les fenêtres ne laissent pas passées l’air. Les fenêtres sont souvent des panneaux coulissants et il arrive fréquemment qu’il y ait un jour entre deux panneaux…

La cuisine ne sera généralement pas équipée. Il arrive souvent que les plaques de cuisson soient présentes mais ce n’est pas toujours le cas. Vous aurez à acheter le frigo et autres électroménagers.

E – L’âge du bâtiment

Le Japon connaissant souvent des séismes, les normes antisismiques et les techniques de construction évoluent énormément. Plus votre logement sera récent, plus vous serez à l’abri ! Un de nos agents nous a dit qu’il fallait éviter les logements avant les années 80…

Étape 3 : Présélectionner sur internet, contacter les agents et visiter

Une fois que vous avez une idée de vos critères et, donc, du logement qui vous conviendrait. Vous pouvez chercher sur internet des annonces. Nous regardions sur Real Estate,  R Estate, Gaijin Pot, Tai Tokyo Apartment mais il existe de nombreux sites.
Il faut savoir que, au Japon, la liste de tous les appartements disponibles à la location sont consultables par toutes les agences. La liste des logements disponibles sur un site ne représente donc qu’une sélection de leur part. Les agents sont plutôt spécialisés dans un quartier mais ont accès à toute la base de données. Ils peuvent donc faire des recherches selon vos critères.
De plus, les sites sont rarement actualisés. Il arrive souvent que les annonces présentes ne soient plus disponibles et qu’elles ne servent qu’à attirer le client.

Pré-selectionnez donc quelques annonces qui vous intéressent et contacter l’agence en précisant tous vos critères de recherche. Généralement, un agent reviendra vers vous avec une liste de propositions de logement qui peuvent vous convenir. À vous d’éliminer ceux qui ne vous conviennent pas et de visiter ceux qui vous intéressent !

Un agent vous fera visiter probablement plusieurs logements. Vous pourrez être amenés à prendre les transports en commun pour aller d’un logement à l’autre, d’être transporter dans la voiture de l’agent ou de prendre le taxi (c’est l’agent qui paie !) !

 

Étape 4 : Déposer un dossier

Lorsque vous avez trouvé votre perle rare, vous devez déposer votre dossier auprès de l’agent. Vous allez devoir fournir  des pièces justification pour chaque occupant. Cela dépend de votre propriétaire mais vous aurez toujours à donner :

  • la copie de la carte de résidence (recto-verso) ;
  • la copie du passeport (page principale + page du visa) ;
  • si vous travaillez, les informations sur votre employeur (nom, adresse, téléphone, année d’ancienneté) et une copie du contrat montrant le salaire annuel ;
  • un contact japonais en cas d’urgence (son nom en kanjis, son adresse, son numéro de téléphone et sa date de naissance).

Dans la plupart des cas (mais pas le nôtre), il faudra aussi que vous fournissiez un garant japonais. Si vous n’êtes pas en mesure d’en fournir un, le propriétaire de l’appartement vous donnera le nom d’une société qui se portera caution pour vous (et que vous devrez payer, cela va sans dire… Généralement entre 50% et 100% d’un mois de loyer +les charges de l’immeuble)

Une fois que vous avez déposé votre dossier auprès de votre agent, il va s’occuper de le transmettre à la société qui gère l’appartement qui elle-même va contacter le propriétaire de l’appart (j’espère que je n’oublie pas un intermédiaire…). La société de gestion va alors mener son enquête pour vérifier si toutes les informations sont correctes :

  • elle va appeler votre entreprise
  • elle va vous appeler. Dans notre cas, un gars de la société a appelé Clément. Clément lui a dit qu’il ne parlait pas japonais. Le gars a donc baragouiné en anglais qu’il allait rappeler. Tout de suite après, une dame a rappelé pour servir d’interprète : le gars posait les questions en japonais, la femme traduisait à Clément, Clément répondait et elle retraduisait en japonais. Clou du spectacle : il se trouvait qu’elle parlait aussi français ! Les questions étaient du genre : pourquoi voulez-vous déménager de là où vous êtes ? pourquoi êtes-vous au Japon ? combien gagnez-vous net par mois ? qui est votre contact d’urgence ? d’où le connaissez-vus ? etc.
  • la société va aussi appeler votre contact d’urgence. Manque de bol pour nous, notre amie japonaise partait en vacances en Californie pile à ce moment-là. Nous avons donc dû fournir un autre contact. Comme nous n’avons pas nous plus des millions de connaissances japonaises, la petite amie d’un collègue de Clément s’est proposé pour l’être. Elle nous a sauvé la vie ! La société l’a donc appelé et lui a posé des questions sur ce qu’elle faisait et sur la nature de sa relation avec Clément (comment elle le connaissait, depuis combien de temps, combien de fois elle le voyait par semaine, etc. : une vraie inquisition !).

Une fois toutes les informations collectées et vérifiées, le propriétaire accepte ou non votre dossier.
Attention, de nombreux propriétaires refusent les étrangers qui ne savent pas parler japonais : vous ne comprendriez pas les consignes de sécurité en cas de problème… Le mieux est de demander à l’agent de ne faire visiter que des biens où il a d’abord vérifié que le propriétaire ne serait pas réticent à votre incapacité à parler japonais. Nous sommes passés par une agence qui pré-triait les appartements avec ce critère donc nous n’avons pas eu à nous en occuper !

Étape 5 : Signer le bail

Une fois que votre dossier a été accepté, il va falloir payer les frais d’installation :

  • entre 1 et 2 mois de caution (nous, seulement un demi mois !)
  • 1 mois et 8% de taxe de frais d’agence
  • 1 mois (parfois plus) de reikin, un concept purement japonais de “cadeau au propriétaire” (key money, en anglais)
  • divers frais selon les locations : les frais de la société de caution (pas pour nous !), assurance incendie, changement de clé
  • le mois en cours au prorata (+ 1 mois d’avance s’il s’agit d’une fin de mois)

Il vaut mieux avoir son porte-feuille rempli… Comme nous sommes passés par une agence avec un service en anglais, nous avons eu à payer les frais d’agence + le reikin. Apparemment, lorsque l’on passer par une agence classique, il n’y a moyen de ne payer que l’un ou l’autre.

Quand tout est payé, il faut signer le contrat et, là, tout est en japonais ! Un agent certifié (qui vous montrera sa carte d’accréditation) viendra vous expliquer les points du contract. Heureusement, vous avez votre agent bilingue qui traduit pour vous ! Ce rendez-vous est assez long, comptez bien une heure (si ce n’est plus). Tout va être revu : les personnes du contrat, le logement et ses équipements, le prix du loyer et des charges et toutes les petites lignes d’interdiction qui valent exclusion si on ne les respecte pas :
“Vous n’avez pas le droit d’avoir d’animaux : chats, chiens, etc. Vous pouvez avoir un poisson rouge ou un oiseau à condition de demander l’autorisation au propriétaire.”
“Vous n’avez pas le droit de faire venir de yakuzas dans l’appartement.”

Une fois que tout est signé, vous pouvez avoir vos clés !
Notez que le délai pour avoir les clés peut varier de 5 à 10 jours ouvrés à partir du moment où vous avez déposé votre dossier…

N’oubliez pas de signaler à votre agent tout problème que vous constaterez les premiers jours sinon les réparations vous seront déduites de votre caution !

Étape 6 : Ouvrir l’eau, l’électricité, le gaz et internet

Une dernière étape est de faire ouvrir l’eau, l’électricité et le gaz . Si vous passez par un agent spécialisé dans la gestion des non-japonophones (comme nous !), il devrait s’occuper de tout pour vous (c’est, entre autres, pour ça que vous payer le reikin + les frais d’agence) ! Dans notre cas, il s’est chargé de les contacter et de prendre rendez-vous pour nous. C’était parfait.

Il faudra aussi souscrire à internet. Par chance, internet était compris dans notre loyer donc nous n’avons pas eu à nous en soucier.

 

En cadeau : quelques annonces d’appartements que l’on a visités. Au centre, l’un des deux logements pour lequel on a déposé un dossier ! Mais ce n’est pas celui qu’on a pris (salon trop petit et appartement très peu lumineux, pourtant localisation excellent et prix raisonnable).

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