CQOF #2 : Ouvrir une ligne de téléphone portable

Après avoir réussi à ouvrir un compte bancaire, il nous a fallu trouver un moyen d’avoir un numéro de téléphone portable japonais. Voici donc le Comment Qu’On Fait pour ouvrir une ligne de téléphone portable au Japon !

Étape 1 : ce qu’il faut savoir sur les forfaits proposés au Japon

Généralement, lorsque l’on achète un forfait au Japon, on s’engage pour deux ans. En fonction de son opérateur, si l’on décide de quitter son opérateur, il faudra s’acquitter des frais de rupture de contrat. Avec l’opérateur que nous avons choisi (IIJmio), nous ne sommes engagés que pour un an et les frais de résiliation correspondent au prix du forfait des douze mois d’engagement auquel il faut enlever les mois déjà utilisés. Ainsi, au bout d’un an, nous sommes libres de partir quand nous voulons sans avoir à payer de frais.

L’achat d’un forfait au Japon fonctionne comme en France avant que Free arrive sur le marché, c’est-à-dire que l’achat d’un forfait inclut l’achat d’un téléphone portable. Ainsi, ce que vous payez au mois représente le prix de votre abonnement + le prix de votre téléphone rabattu sur la durée d’engagement. Cette démarche est la plus fréquente mais il est toujours faisable d’acheter une carte SIM seule dans certains magasins seulement (voir la liste ici).
Il faut aussi noter que les téléphones achetés via un opérateur sont simlockés (pas de possibilité d’utiliser une SIM venant d’un autre opérateur) et qu’il est très difficile de les désimlocker…

Ici, adieu les forfaits tout illimité (appel, sms/mms et internet)… à moins de vouloir vous coupez un bras ! Généralement, les appels sont payants. Selon certains opérateurs, ils peuvent être gratuits les cinq premières minutes ou encore entre clients du même opérateur. L’utilisation d’internet est restreinte à un nombre de Go : une fois dépassés, bonjour le hors-forfait ! L’envoi de sms/mms est aussi souvent facturé.
Pour ceux qui regardent des animés ou lisent des mangas, c’est la raison pour laquelle les personnages s’envoient des mails par téléphone et non des sms !

Les réseaux utilisent une bande de fréquence particulière. Heureusement pour nous, elle est équivalente à celle utilisée en France. Ainsi, les téléphones français fonctionnent bien au Japon. Cependant… ce n’est pas le cas pour les téléphones américains (qui, eux, utilisent d’autres fréquences) ! Résultat : nous avons dû dire adieu à nos beaux motorolas made in USA. Bon, on ne dit pas que y’en a un qui s’était suicidé dans les toilettes un mois avant notre départ…

Étape 2 : choisir son opérateur

Comme partout ailleurs, il y a plusieurs possibilités : passer par un opérateur classique ou passer par un MVNO (un opérateur qui loue un réseau d’un opérateur classique, comme Virgin Mobile en France qui utilise le réseau de SFR).

Parmi les opérateurs classiques au Japon, on peut citer DoCoMo (la plus grande couverture au niveau national) et SoftBank. Ce sont généralement ces opérateurs-là qui obligent à l’achat d’un téléphone en même temps que la souscription à un forfait. Leur avantage est qu’ils proposent des services en anglais : leur site, notamment, mais aussi quelques employés qui parlent anglais dans certaines de leurs agences. Ils sont donc foreigner-friendly (et, ça, quand on est expat’, on A-DO-RE !). Leur plus gros souci est leur tarif : pour environ 9,000¥ (soit environ 75€), vous avez 10Go de données, les appels gratuits jusqu’à cinq minutes et les SMS non-inclus…

Afin de bénéficier de tarifs plus “abordables”, il faut se tourner vers les MVNO comme B-mobile, U-mobile, Rakuten ou IIJmio. Dans ce cas, le téléphone ne sera pas inclut dans votre abonnement : vous aurez le choix d’en acheter un ou de conserver le vôtre. Si vous conservez le vôtre, le vendeur testera votre téléphone pour être sûr que cela fonctionne bien ! Un point très important en tant que non-japonophones : les MVNO ne proposent pas de service en anglais, il faut donc savoir parler japonais (ou, comme nous, être accompagné lors de la souscription de personnes super-serviables acceptant de venir faire l’interprète ! Merci à elles !).  De plus, contrairement aux opérateurs classiques, il n’est possible de payer qu’avec une carte de crédit. Or, comme vous le savez après avoir lu notre CQOF #1, nous ne pouvons pas avoir de carte de crédit tant que nous ne parlons pas couramment japonais… Heureusement, comme les tarifs sont globalement deux fois moins chers que ceux avec les opérateurs classiques, même le fait de payer avec une CB française (et donc de payer les frais de paiements internationaux : 2,5% + 0,25cts au Crédit Agricole) rend les MVNO très attractifs !

Bon à savoir, il vous sera également demandé de payer des frais d’ouverture de ligne (peu importe qu’il s’agisse d’un opérateur classique ou d’un MVNO)…

Comme je l’ai dit plus haut, nous avons opté pour le MVNO IIJmio. Nous payons 3,660¥ pour deux. Dans notre forfait, les appels et les sms/mms sont payants mais nous avons 10Go à nous partager. Nous passons donc dorénavant par des applications utilisant internet pour nous appeler ou nous envoyer des messages (par exemple, Whastapp ou son équivalent majoritairement utilisé au Japon : Line).

Voici un petit tableau de comparaison entre ce que nous avions en France et ce que nous avons maintenant ici :

  B&U IIJmio
Réseau Bouygues Télécom DoCoMo
Prix par mois 3,99€ (première ligne)
+ 1,49€ (deuxième ligne)
3,260¥ (première ligne)
+ 400¥ (deuxième ligne)
Durée d’engagement prix sur 12 mois, 24,99€ ensuite (22,49€ pour la deuxième ligne) 12 mois
Frais de résiliation aucun 3660¥ x (12 – le nombre de mois utilisés)
Data 20 Go par ligne 10 Go en commun sur les deux lignes
Appel illimité 20¥ les 30 secondes
SMS illimité
Autres frais aucun 3,000¥ de frais de souscription au contrat

Nous avions souscrit à une offre vraiment intéressante en France. On peut quand même remarquer que le double forfait à tarif fort en France (24,99€ + 22,49€ = 47,48€) devient plus cher que le forfait japonais (3,660¥ ≈ 30€). Mais n’oublions pas que le forfait japonais n’inclut ni les appels, ni les sms !! Et puis… comme en France nous sommes sans engagement, à la moindre nouvelle offre alléchante, nous aurions pu souscrire à une autre promotion sans avoir à payer un jour le forfait au tarif plein !

Donc, en résumé, même si les forfaits sont beaucoup plus chers au Japon et qu’ils incluent moins d’options, il y a moyen de payer un forfait à un prix “raisonnable” au Japon… mais il convient de passer par un MVNO !

Étape 3 : souscrire à une ligne de téléphone portable chez IIJmio

Pour souscrire chez IIJmio, nous sommes allés au comptoir présent dans le magasin BIC CameraGinza). Des collègues de Clément nous ont accompagnés pour nous servir d’interprète car les employés de IIJmio ne parlent pas anglais (mais la caissière de BIC Camera le parlait parfaitement !).

Il nous a fallu présenter la resident card au même nom que la carte de crédit qui servira au paiement (une carte étrangère convient) et c’est tout !

Comme Clément avait déjà un téléphone, la vendeuse a vérifié que la carte sim fonctionnait bien dans son téléphone. Pour moi, nous avons acheté un Huawei P9 lite, un bon deal car il était en promotion !

Ensuite, il a fallu lire, cocher et signer tous les points du contrat sur une tablette. Heureusement, il y avait toute une partie en anglais, ce qui nous a évité d’avoir à cocher des trucs dont nous n’avions aucune idée de quoi il s’agissait !
De la même manière que pour tout contrat, lorsque vous êtes étrangers, on vous demande aussi votre nom en katakanas. Une chose assez rigolote d’ailleurs pour nous français : nos deuxième/troisième(/et plus si affinités) prénoms font désormais partie intégrante de notre identité. Il n’est plus possible de remplir un formulaire en ne rentrant que son premier prénom ! Désormais, je suis マリンマエヴァ (et en un seul bloc car il n’y a pas d’espace en japonais !).

Une fois tout signé, il a fallu revenir une heure plus tard pour pouvoir tout récupérer et payer (le temps de l’activation de la ligne).

 

Et voilà, vous avez toutes les billes en main pour savoir CQOF pour ouvrir une ligne de téléphone portable au Japon !

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