Permis de conduire

Comme nous avions prévu de conduire une voiture de location à Hawaï (où nous sommes partis en vacances fin janvier) et que notre permis français n’était valide que trois mois sur le territoire américain, il nous a fallu passer le permis américain !

Le permis dans le New Jersey

Il faut savoir que la façon de passer le permis américain dépend de l’état dans lequel vous le passez. Dans le New Jersey, il faut passer le code de la route, un test de vision et une épreuve de conduite. Cela vous coutera la modique somme de $24 !
Vu que nous avons un permis français, nous avons été exemptés de l’épreuve de conduite (youhou !). Mais, si nous habitions New York, nous aurions dû tout repasser. Comme quoi, ça a vraiment des avantages de vivre dans le New Jersey !

Étant donné que j’avais déjà essayé de faire les démarches pour avoir le permis, nous connaissions toutes les pièces que nous devions apporter et nous savions que nous devions arriver tôt pour être sûr d’avoir le temps de tout faire. Néanmoins, le passage du code n’est pas toute une histoire comme en France ! Vous vous présentez quand vous voulez à un Motor Vehicle Commission (MVC), vous faites les démarches administratives, vous vous installez devant un ordinateur et vous passez votre QCM ! Pas de prise de tête !

Les méandres administratifs

Nous arrivons donc un peu après 9h15 un samedi matin pour nous rendre compte… qu’il y avait déjà énormément de monde ! Nous prenons notre mal en patience et nous récupérons auprès des policiers qui gèrent l’accueil des formulaires à remplir. Puis, nous commençons la défilade des guichets. Imaginez-vous bien qu’à chaque guichet, il fallait refaire la queue.
Pour ceux qui auraient la flemme de tout lire, vous pouvez passer cette partie (ennuyeuse mais tellement représentative de l’administration américaine) et aller lire la dernière partie concernant le passage du code de la route !

1) Premier guichet : Le premier guichet vérifie que vous avez rempli correctement vos formulaires, que vous avez toutes les pièces justificatives demandées et vous donne un numéro d’attente. Un système particulier est mis en place pour répondre à tous les profils de demandeurs de permis. Il consiste à attribuer à chaque type de pièce justificative un nombre de points et on vous demande de présenter un total d’au moins 6 points. Comme le passeport fait déjà 4 points, nous atteignions facilement les 6 points. Sauf que la dame de l’accueil se met à me refuser mon passeport ! « Nous ne prenons pas les passeports comme pièces justificatives », qu’elle me dit. Un peu dubitative, je lui explique que j’ai lu sur la brochure qu’ILS m’avaient fournie que le passeport faisait 4 points. Elle me redit que non puis finit par changer d’avis (bah oui… c’était sur la brochure !). Ouf, on a cru qu’on allait être recalé dès la première étape ! Bien entendu, étant dépendante du VISA J1 de Clément, je n’ai pu passer ces démarches que parce qu’il était avec moi…
NB : Les 6 points de Clément : passeport (4), numéro de sécurité sociale (1), carte de débit (1) / Les 6 points de Marine : passeport (4), permis de travail (3), numéro de sécurité sociale (1) mais nous avons aussi dû fournir notre DS2019 pour prouver que notre VISA n’était pas du pipeau et notre I-94 pour prouver que nous étions bien entrés légalement dans le pays.

2) Deuxième guichet : Les 6 points de pièces justificatives doivent être vérifiés par au moins trois personnes. On passe donc un deuxième guichet où une deuxième dame repasse en revue toutes nos pièces justificatives.

3) Troisième guichet : Rebelote pour la vérification des pièces justificatives ! Mais cette fois-ci, vérification sur l’ordinateur de certaines pièces (comme mon permis de travail).

4) Retour au deuxième guichet : Comme nous avons passé nos vérifications de pièces justificatives avec succès, nous avons dû retourner au deuxième guichet pour faire valider notre numéro d’attente (donné au premier guichet) et avoir le privilège d’attendre sur des sièges.

5) Salle d’attente : Nous avons attendu à peu près trois quarts d’heure avant d’être appelés pour l’étape suivante.

6) Guichet « photo » : Une fois nos numéros appelés, nous sommes allés à un guichet où les personnes ont de nouveau vérifié nos pièces justificatives et ont créé un dossier de demande de permis (prise de photo, de signature et premier paiement de $10).

7) Guichet « code » : Une fois notre dossier créé, nous sommes allés au guichet du code de la route pour récupérer un nouveau numéro d’attente, bleu cette fois-ci.

8) Salle d’attente : Retour en salle d’attente vers 11h où nous avons attendu vingt minutes avant d’être appelés.

9) Guichet « code » : On finit par être appelé pour passer notre test mais nous devons repasser par le guichet du code de la route où la dame revérifie nos pièces justificatives mais surtout vérifie nos permis français.
La première fois que j’étais venue, j’avais été recalée car je n’avais pas de traduction de mon permis français. Entre temps, nous avions donc demandé à la préfecture de Grenoble un permis international afin d’avoir une traduction homologuée. Sachez que la demande du permis internationale est gratuite (cela prend à peine une semaine pour l’avoir) alors qu’une traduction faite par un traducteur certifié par les US coute $50 minimum par permis traduit !!
La grosse blague de cette histoire est qu’à AUCUN moment on nous a demandé la traduction de notre permis français ! Les dames avaient même un recueil regroupant toutes les traductions des permis étrangers et ont refusé le permis international que Clément leur a tendu pour leur faciliter la tâche. Autant dire que nous étions contents de ne pas avoir choisi la solution de la traduction à $50 par permis !

10) Code de la route : Une fois que tout est vérifié (pour la énième fois), on nous attribue un poste sur lequel on passe notre code. On nous a laissé le choix de l’avoir en français ou en anglais (plein d’autres langues sont disponibles) mais nous l’avons choisi en anglais. Nous avions peur des traductions et surtout que les distances que nous avions apprises en pieds soient subitement converties en mètres !

11) Guichet « code » : Après avoir passé le test, on retourne au guichet du code de la route qui nous délivre un papier confirmant ou infirmant la réussite du code. Si vous avez échoué, vous pouvez le repasser une semaine plus tard. Si vous l’avez eu, vous pouvez retourner au premier guichet…

12) Premier guichet : Retour au premier guichet où, après avoir donné le papier confirmant notre réussite au code, on nous donne un nouveau numéro d’attente afin de pouvoir finaliser notre permis et récupérer la petite carte en plastique !

13) Salle d’attente : Il est midi quand nous commençons à attendre pour notre dernière étape. Le MVC ferme à 13h. Nous avons donc une toute petite heure pour espérer avoir nos permis. Si nous n’arrivons pas à les avoir, il faudra revenir… Or nous avons les numéros 165 et 167 et les numéros appelés sont dans les 120… Nous étions très, très mal engagés…
Vers une heure moins le quart, la dame qui annonce les numéros est appelée par la responsable que l’on entend dire « Appelle les numéros trois par trois jusqu’à une heure et quart ». À ce moment-là, les numéros 150 commencent à être appelés. Nous reprenons un peu espoir.
À une heure et quelques, les numéros 163 et 164 ne répondent pas à l’appel. Clément est donc appelé ! Il est sûr d’avoir son permis. À une heure sept, les numéros 166 et 167 sont appelés ! Toute contente, je me lève pour aller dans la queue mais… les numéros 163 et 164 se réveillent et réclament leur tour ! On me renvoie m’assoir en salle d’attente… À une heure et quart, pilepoil, je finis par être (ré)appelée (ainsi qu’une dame après moi). Après avoir attendu une minute, la responsable vient nous voir et nous dit qu’on doit revenir une prochaine fois, qu’ils ont déjà étendu le temps à un quart d’heure mais que, maintenant, ce n’est plus possible. Toute désespérée et bafouillant,  je lui dis que Clément venait juste de faire la sienne et qu’il est mon mari ! Par chance, cela marche et elle nous laisse (moi et la dame après moi) être les dernières. Pfiou !

14) Guichet « photo » : Pour finaliser le permis, on vous reprend en photo (on ne sait pas à quoi servait la première car c’est celle-ci qui apparait sur le permis), on reprend votre signature et on vous refait payer. Deux minutes après, votre permis est imprimé !
Chose étrange, le permis est censé couter $24. Nous avions tous les deux payé $10 au premier passage mais, cette fois-ci, au lieu de payer $14 comme attendu, Clément a payé $10.50 et moi $9.75… Soit deux sommes différentes et ne correspondant pas au $24 annoncés !!! Étonnant !

Ça aura été limite niveau timing mais… nous avons notre permis américain !!! Nous avons d’ailleurs tous les deux demandé à ce que la mention « donneur d’organe » apparaisse sur la carte. On trouve vraiment ça bien que ça puisse apparaitre dessus !

NJ driver license

Le code de la route

Dans le New Jersey, pour réussir le code de la route, il ne faut pas avoir plus de 10 questions fausses sur 50, ce qui laisse un peu plus de marge qu’en France (5 erreurs autorisées sur 40). Comme nous sommes informés des bonnes ou mauvaises réponses au fur et à mesure des questions, nous ne sommes même pas obligés de passer les 50 questions. Admettons que vous ne faisiez aucune erreur pour les 40 premières questions, vous ne serez pas obligés de passer les 10 dernières puisque cela ne changera rien si vous répondez correctement ou non !

Une autre différence (non-négligeable) avec la France est qu’il n’y a qu’une seule bonne réponse possible aux questions. Cela permet de procéder beaucoup plus facilement par élimination et facilite grandement le choix des réponses !

Nous avions entendu dire que le code était « tttttrrrrrèèèèèsssss facile », qu’« il suffisait de connaitre les panneaux pour le réussir » ou encore que « lire une seule fois le code suffisait ». Bref, c’était censé être facile.
Nous avons donc un peu potassé le code et fait quelques tests gratuits que nous avions trouvés en ligne. Nous nous sentions assez préparés même si nous étions un peu stressés (si nous rations, nous ne pouvions pas conduire à Hawaï et tout notre voyage tombait à l’eau…).
Chacun de notre côté, nous avons connu le même sentiment de solitude et de désespoir face à notre écran de passage du code. Dès les premières questions et à moins de la moitié des questions, nous avions déjà cinq erreurs !!! Tous les deux stressés au maximum, nous avons quand même fini par le réussir ! Mais nous tenons à démentir cette rumeur comme quoi il est facile !
Sur les cinquante questions du code, nous avons dû avoir vingt questions relatives au code de la route en lui-même (signification des panneaux, comment agir dans certaines situations, etc.). Tout le reste des questions a tourné autour des lois (assurances à avoir, responsabilité en cas d’accident etc.) mais surtout des différents types de permis de conduire et de leurs restrictions (à quel âge, qui peut accompagner, à quelles heures peuvent-ils conduire, etc.). Autant dire que nous n’étions pas concernés par au moins 30% des questions et que cela ne nous servira à rien de le savoir…

Bref, on a fait 6 erreurs pour l’un, 7 pour l’autre. Donc nous l’avons eu ! C’est certain que nos révisions n’ont pas été à la hauteur du potassage que l’on doit faire en France. Mais, tout de même, il faut quand même bien apprendre toute une partie des lois et particularités du système du New Jersey, ce n’est pas si facile que ça !

PS : ma carte d’identité du New Jersey a donc été poinçonnée (pour montrer qu’elle n’est plus valide) et mon nouveau permis de conduire fait office de pièce d’identité !
Notre permis ressemble donc vraiment à celui ci-dessus, à la différence près qu’en haut à droit il y a cette mention : “TEMP IMMGR STATUS” (et que ce n’est pas un permis bateau).

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